Archives quotidiennes : 24 octobre 2011

Bangkok perd les eaux ?

Nous sommes à Bangkok, un des « titres  » des actualités internationales. Alors, la « Venise de l’Orient » est-elle sous les eaux ? Pas tout à fait, en tout cas, pas pour l’instant. Suite à une mousson exceptionnelle, une immense région au nord de la ville est inondée et l’eau doit s’écouler en aval vers le golfe de Thaïlande, c’est-à-dire au sud et traverser ainsi la capitale. Pour éviter l’inondation de la mégapole qui paralyserait l’économie du pays, le gouvernement a fait construire des digues avec des … sacs de sable. Et pour l’instant ça tient. Depuis 3 jours, il ne pleut pas une goutte, c’est plutôt le grand ciel bleu. Mais il est annoncé que l’eau mettra plusieurs semaines pour rejoindre la mer et s’écouler à travers Bangkok, dans les canaux de la ville et la rivière Chao Phraya. Yingluck Shinawatra, jeune 1er ministre élue il y a 2 mois (un bon test politique cette gestion des innondations !), prévient régulièrement la population que des débordements pourraient avoir lieu dans le centre ville. D’un jour à l’autre, il faut s’attendre à une hauteur de 1 mètre d’eau dans les rues.

 Mais pour l’instant, rien. Le long de la Chao Phraya, les boutiques et restaurants ont toutefois un peu les pieds dans l’eau.

De leur côté, les sites stratégiques (banques, grandes entreprises) se protègent en montant des murs de sacs de sable et de plastiques.

En fait, c’est une grande partie de la plaine centrale de Thaïlande qui semble principalement touchée. Cette mousson a fait plusieurs centaines de victimes et va coûter cher au pays en argent et en récoltes de riz. Hormis les sacs de sable, la vie à Bangkok paraît tout à fait normale et les habitants semblent vivre la situation tranquillement. Optimisme bouddhiste ?

Pour nous, le changement est important avec l’Indonésie. Passer de Jakarta à Bangkok, c’est immédiatement pas mal de petits signes nouveaux qui apparaissent : plus d’organisation, de discipline, plus d’argent, des gens plus retenus, plus discrets, plus soignés, moins souriants, des taxis avec des compteurs aussi …

Autre chose : en 50 jours, on s’était mis à apprécier la cuisine indonésienne. En 2 repas au restaurant, on a compris que la cuisine thaïlandaise, c’est un autre niveau … Quelle finesse, quelle subtilité !

Enfin, à Bangkok, on entre de plain-pied dans le tourisme de masse. Comme des milliers de touristes, nous visitons ainsi les temples d’or, à commencer par le grand-palais royal Wat Phra Keo. C’est absolument magnifique, immense, avec une histoire sûrement passionnante …

 

Mais l’affluence et la  grande chaleur gâchent un peu la découverte de cette ville-palais. Les filles préfèrent largement la visite du What Po, un temple voisin qui abrite l’immense bouddha couché. 46 mètres de long, 15 mètres de haut, la statue impressionne …

A part ça, on profite de Bangkok, ville complètement mondialisée, pour retrouver quelques standards de confort occidental. On loge ainsi dans un apparthotel avec cuisine, salle de bain avec baignoire, piscine extérieure sur le toit de l’immeuble et wi-fi haut débit dans le salon. Les séances skype avec les Faure et Patricia nous font très plaisir et nous rapprochent encore plus de la France. Après l’Afrique et l’Indonésie, on apprécie tous les 5 de retrouver certains repères : aller au « supeur markette », y acheter des produits laitiers et des produits à base de blé (pain et pâtes) ; ce qui veut dire, ne pas manger de riz ! Un après-midi, nous traversons aussi les énormes malls, paradis du shopping. reliés aux stations du métro aérien. C’est idéal pour acheter en moins de deux, un maillot de bain et un nouveau doudou.

On se fait même une toile ! « Cars 2 » dans un ciné imax 3D et écran hypergéant, en anglais, sous-titré en thaï. Nous n’avons pas tout compris d’ailleurs, si quelqu’un qui a vu le film veut bien nous faire un résumé …

Voilà, on passe toujours du bon temps et les filles sont contentes. Le centre de Bangkok est un monde doré. A quelques dizaines de kilomètres de nous, des gens ont perdu dans les eaux, parents et logement. C’est le monde d’aujourd’hui, le monde des grandes inégalités et d’une certaine indifférence. Ne pas l’oublier .. En 1966, Jacques Dutronc chantait : « Et moi, et moi, et moi ».

Fred

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