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A Luang-Prabang

 A Luang-Prabang, le climat est tempéré et la ville, peu étendue, se parcourt à pied sans difficulté. Génial, c’est parfait pour visiter tous les sites culturels, me direz-vous ? Oui, sauf que depuis quelques temps, les filles nous répètent :

– « On en a marre de voir des temples avec des bouddhas … »

Dans le Wat Maï, on dirait pourtant bien qu’elles sont pratiquantes. 

 Bon, on ne visite donc pas tout, loin de là. Mais nous remarquons tout de même le style architectural des temples, propre à la ville : des toits imbriqués en décrochement qui descendent parfois jusqu’au sol.

 A Luang-Prabang, la vie monastique est intense. Les temples sont en même temps des monastères et nous croisons logiquement de nombreux moines qui déambulent dans la ville. Ils sont vêtus d’une robe orange safran, bien voyante. La religion est celle du bouddhisme Theravada. Normalement, les laotiens de confession Theravada deviennent moines au moins une fois dans leur vie, durant quelques années. Pour entretenir la solidatité entre laïcs et religieux, les moines mendient chaque jour leur nourriture. Vers 6h du matin, ils défilent dans les rues pour que les habitants déposent du riz dans leur bol. C’est l’aumône des bonzes. Mais cette pratique religieuse paraît aujourd’hui menacée car trop exposée sur le plan touristique … Alors qu’éloignement et discrétion sont nécessaires au cours de ce rituel, les moines sont effectivement génés par des touristes qui stationnent dans la rue principale et mitraillent la procession de leurs appareils photos …

 

Pour ce qui est de l’ascétisme, les moines ne peuvent posséder en théorie que 8 objets : 3 robes, 1 ceinture, 1 aiguille pour la couture, 1 rasoir, 1 bol et 1 filtre à eau pour éviter d’avaler des êtres vivants (des insectes par exemple). Nous avons vu quelques bonzes avec des tongs et un téléphone portable, mais on ne dénoncera personne …

 A Luang-Prabang, il y a en fait trois types de population.

  • les moines,

  • les habitants de la région, loueurs de service le jour ou vendeurs d’artisanat local le soir,

  • les touristes qui viennent voir les temples et acheter des souvenirs.

A Luang-Prabang, le paysage urbain nous rappelle que le Laos a été autrefois un protectorat français.

Nous retrouvons aussi ce passé français dans la nourriture. Les menus affichent des « baguettes » (ce sont des sandwichs faits avec de courtes baguettes de pain) et quelques étals présentent des pâtisseries bien alléchantes.

 A Luang-Prabang, ou plutôt dans les environs, il y a un site naturel exceptionnel qui s’appelle les cascades de Kouang Si. Nous y passons une demi-journée très agréable.

 

 Tout en haut, il y a les chutes d’eau et tout en bas, les piscines naturelles.

 Dans la famille, nous sommes seulement deux courageux à nous baigner dans une eau d’une belle couleur laiteuse … mais un peu froide.

Près de la principale piscine, il y a un arbre avec un tronc qui pousse en oblique et duquel descend une corde. C’est vraiment super pour jouer à Tarzan et se jeter dans l’eau !

 A Luang-Prabang, on se sent bien. Il y a peu de voitures et on peut faire son jogging en toute tranquillité le long du Mékong. On évite ainsi de s’aventurer en campagne et risquer de se faire courser par un chien fou ou enragé. Et puis en fin d’après-midi, il y a vraiment une très belle lumière …

 

A Luang-Prabang enfin, on fête l’anniversaire de Cléo. Comment marquer le coup ? J’ai repéré dans le blog de la « famille Lellu autour du monde », un restaurant français réputé, nommé « L’éléphant ». Je réserve cinq couverts pour le 6 novembre à 19h. On ne se rend pas bien compte, mais pour les filles, depuis quatre mois, la présentation, les saveurs, et l’hygiène de ce qu’on mange sont souvent un peu « limite ». A « l’Eléphant», nous avons l’impression de dîner dans un « 3 étoiles Michelin » : serveurs habillés en pantalons noirs, chemises blanches et gilets noirs, table dressée avec couverts au complet, verres à pied, serviettes en tissu, seau à glace pour les bouteilles. La carte est rédigée en français. Au menu, des spécialités comme Cuisses de Grenouilles à la Provençale, Escargots de Bourgogne, Gratinée d’oignon au Gruyère Suisse. Pour les desserts, des présentations avec des noms bien ronflants : Croustillant de Pain Perdu sur son Lit de Nougatine Glacée au Coulis de Fruits Rouges … Pour les boissons, des bouteilles de Bordeaux sont proposées à 1 million de kip (100 euros). Toute la famille apprécie ce qu’on lui sert, même Mady qui appréhendait pourtant que son filet de bœuf (du buffle du Laos) ne soit pas servi avec une sauce « comme elle fait Nadia ». La soirée est délicieuse. Pendant ce repas de fête, Isa et moi décrivons ce que nous connaissons de l’univers des grands restaurants français. Lena et Cléo boivent nos paroles : il semble qu’au cours de ce voyage, elles s’intéressent de plus en plus à la gastronomie.

… Il faut parfois s’éloigner de chez soi pour en mesurer la richesse …

 Fred.

Réponse à la devinette : la « règle de vie » du Laos qui est la même qu’en France, c’est tout simplement la conduite à droite. Bravo Martine qui avait trouvé !

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