Yo conduzco, Dios me guia !

« Je conduis, Dieu me guide ». C’est un message lu sur le pare-soleil d’un bus paraguayen. C’est peut-être pour ça que les chauffeurs roulent à tombeaux ouverts, une spécialité sud-américaine semble-t-il.

Nous passons la frontière du Brésil et nous voici au Paraguay. Nous avons nos habitudes maintenant. D’abord nous présentons les passeports pour sortir ; il faut un peu aider les agents à trouver la page qui porte le tampon d’entrée, car les passeports commencent à être bien chargés.

Ensuite, nous passons au bureau d’entrée. Souvent, nous devons remplir une fiche d’immigration avec des renseignements portant sur le motif du voyage, la durée de séjour prévue, etc… Il y a parfois des questions très indiscrètes comme : « Combien d’argent avez-vous avec vous ? », « Combien comptez-vous dépenser ? ». Le Paraguay fait exception à la fiche d’immigration.

Enfin, il faut retirer de l’argent en monnaie locale. Au distributeur, nous sélectionnons le montant maximum, car les paiements en carte bancaires ne sont pas possibles partout et de toute façon, ce montant ne représente jamais une fortune. A Ciudad del Este, Isa retire donc un million et demi de guaranies.

Les compagnies de bus nous courtisent pour faire le trajet que nous voulons acheter. La première fait un prix spécial famille, une autre dit que le bus est « direct », la troisième annonce un départ dans dix minutes. Nous prenons celui-là. Trois-quarts d’heures après, nous voici partis pour cinq heures de bus, direction Asunciòn la capitale.

Le Paraguay, que savons-nous de ce pays ? Pas grand-chose. Pas très médiatique le Paraguay, pas très touristique non plus. Coincé entre les géants argentin et brésilien et la Bolivie, sans accès maritime, nous voici dans un pays assez pauvre, de seulement six millions d’habitants, la plupart installés dans le sud que nous traversons.

Nous retrouvons quelques images du sud-est asiatique. Le véhicule familial est la moto. Le casque est une option.

 Les voitures à moteur côtoient les voitures à chevaux.

Du coup, les garagistes ont la double compétence.

Nous passons quelques jours donc dans la capitale du pays : Asunciòn ou plutôt, dans sa forme complète, la Muy Noble y Leal Ciudad de Nuestra Señora Santa-Maria de la Asunciòn (la cité loyale et très noble de Notre Dame la Sainte-Marie de l’Assomption) ! Incroyable ce nom de ville n’est-ce pas ? Et pourquoi ce nom ? Parce que nous sommes en 1537 lorsqu’un conquérant espagnol décide de bâtir un fort ici le long du fleuve Rio Paraguay. En Europe, nous sommes en pleine crise religieuse et les catholiques en réponse à la critique protestante affirment des règles comme le culte des Saints et de la Vierge (voir programme d’Histoire de 5ème, « La crise religieuse remet en cause l’unité du Christianisme occidental » dans « Les bouleversements culturels et intellectuels XVe-XVIIe siècle »). La construction du fort commence le 15 août, date de la fête à Sainte-Marie. Alors va pour un nom bien ronflant en l’honneur de la Sainte-Vierge !

A Asunciòn, quelques beaux bâtiments coloniaux méritent le détour. Le Panthéon des Héros, El Cabildo, le Palacio de los Lopez …

 

Mais beaucoup sont aussi très défraîchis.

Il y a aussi le Palacio legislativo qui se trouve dans un immense bâtiment flambant neuf.

Face à ce palais, à moins de cent mètres, une favella s’étale jusqu’à la baie du fleuve.

Depuis notre arrivée en Amérique du sud, c’est une constante dans les grandes villes : misère et richesse cohabitent sur les mêmes espaces. A Asunciòn, c’est carrément misère et pouvoir. Jamais je crois, le cœur d’une République (ici l’Assemblée Nationale) n’a été aussi « proche » des préoccupations de base de ses habitants.

Evidemment, ces inégalités, ça peut faire des étincelles. Ce qui est flagrant par dessus tout dans la capitale paraguayenne, c’est la présence policière, armée jusqu’aux dents.

Pour les enfants, tout ça n’est pas très excitant. Pas très grave, l’hôtel est très bien : grande chambre, super propre, super petit déjeuner, personnel super serviable. Un standing comme ça, ça faisait longtemps … Lena précise que l’eau de la douche est chaude et que les matelas sont durs !

Enfin, le réceptionniste nous indique l’existence d’un shopping-mall à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Ces centres commerciaux aux enseignes internationales sont des résultats bien concrets de la mondialisation. En Afrique du sud, en Malaisie, en Thaïlande, c’est toujours le même mélange de boutiques, de restaurants et de jeux qui divertit toute la famille, … et qui « déforme » aussi …

Mady, c’est drôle d’être petit et gros.

A bientôt.  Fred

PS1 : est-il nécessaire de repeindre le Christ Rédempteur sachant qu’il est sculpté dans une pierre réputée pour sa blancheur ?

PS2 : coupe de la ligue : OM, 3ème titre en 3 ans. C’est cool. 

12 réponses à “Yo conduzco, Dios me guia !

  1. J’ai un peu fait le tour de votre blog et je le trouve très sympa. J’adore cet article et ça me donne un aperçu de ce pays merveilleux. Merci pour les photos.
    Margot T.

  2. Dans la série des autocollants « pare-brise », il y a un « Dios es mi co-piloto » que j’aime beaucoup…

  3. Pour répondre à ta question « qu’est-ce qu’on connaît du Paraguay? », j’aurais dit « Chilavert » !!!

  4. waouh le Paraguay ça me rappelle le Salvador, pas très touristique non plus, mais très fort en impressions contrastées !! Les amis , on vous revoit dans 2 mois !!!!! on a hâte !
    Bisous des Peurière’s

  5. caranta christelle

    bravo pour toutes ces précisions géographiques fred! j’apprécie les commentaires sur la mondialisation! votre carte australe vient de nous parvenir pas en ligne direct je pense! bises a vs 5 et bonne continuation
    christelle

  6. J’ai tardé à répondre au dernier article, mais je tiens à féliciter Cléo pour son superbe sourire en rapport avec la fin de la séquence 9 ( t’es sûre que la dixième n’est pas en route ?), tu as devant toi de longs mois de vacances… Quelle chance…
    Après vous avoir vu et lu vos commentaires et photos, j’irai plus volontiers au Brésil qu’au Paraguay…Mais peut-être est-ce plus authentique ?
    mais vous avez la chance de tout pouvoir voir ! Quant à la « légère » déprime d’Isa, nous pouvons voir sur la dernière photo, qu’elle n’était que passagère.
    De notre côté, nous entendons beaucoup parler de New-York, concrétement les passeports sont déjà faits.
    Continuez bien, gros bisous à tous.

  7. Lucette et Jacques MARTIN

    Pendant un voyage de 5 heures, je suppose en car roulant à vive allure, à quoi vous occupez-vous les filles, à part les DS ?
    Sur une photo, Cléo et Mady jouaient ensemble. Apprenais-tu, Cléo, à jouer aux dames à Mady ? En tout cas, ça y ressemblait beaucoup.
    La nourriture est-elle bonne ? Vous avez semble t-il, tous pris des
    kilos au vu de la dernière photo.
    Bonne route.
    Bises à tous les 5.

  8. je me régale toujours de vos photos superbes, faune, flore, et tout et tout
    vous êtes tous radieux, profirez encore, bisous, famille Belle

  9. vous « étez » vraiment drôles dans le miroir. Ici c’est les vacances. On est chez nous et avant on était chez Tatie Marlène. Il y avait des grosses vagues qui faisaient 2m. On se baignait pas parce que c’était trop dangereux et aussi très très très froid.
    Bises les cousines !!!
    Gatien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  10. Moi, j’aime bien les bus, le passeport et le garage !… Bien d’accord pour laisser le Christ Rédempeur en paix. D’autant que je n’avais évidemment pas la réponse à la devinette… J’en ai quand même profité pour aller consulter Wikipédia afin d’en savoir un peu plus sur cette très célèbre statue : implantée à 710 mètres, sur une colline, elle mesure 38 mètres de haut ; les mains font 3,20 m et la tête 3,75 m. Poids total : 1.145 tonnes ! La construction a duré 5 ans. L’inauguration date d’octobre 1931. Mais que vais-je retenir de tout ça ?… Bises à toute la famille.

  11. Bon, on vous suit, mais difficilement . Comment êtes-vous allés de Ilha Grande à Ciudad del Este ? Après, ça va . Je connaissais Asuncion, mais pas le nom en entier . Avec vos explications, on comprend mieux la présence armée continue . Avez-vous des nouvelles de Chilavert ?
    Bravo Deschamps : 6 titres en 3 ans, après 17 ans de disette ; mais le match était long, au bout de la nuit et surtout au bout de l’ENNUI .
    On vous reconnait bien sur la dernière photo, toujours tout sourire
    Bises de Papi Georges

  12. 14 mots pour nommer une ville , c’est inédit : ils assument leur foi dans ce pays !!!
    Bon cours d’histoire , les filles , je continue à apprendre .
    Même déformés et rigolos du coup , vous restés identifiables .
    Continuez à prendre du bon temps car il passe vite .
    Bises à vous 5.
    Huguette .

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