A Chiang Maï, nous poursuivons notre découverte des activités proposées aux touristes. Isa et moi testons le massage thaï. Il y a les massages bon marché des nombreux bars qui s’animent le soir. Ils sont proposés par des jeunes filles légèrement vêtues : cette spécialité thailandaise semble encore tenace malheureusement … Puis il y a les massages proposés par des centres habilités.
Un après-midi donc, nous laissons les filles à la guesthouse pour aller au Sheeva Spa. Des massages, j’en ai expérimenté pas mal : chez un kiné pour la rééducation, en thalasso, après les marathons, … C’est toujours agréable. Mais le massage thaï traditionnel, ouah … Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre … J’aime bien les messages toniques, en profondeur.
Une jeune thaï nous accueille très poliment, nous demande de passer en salle d’attente. Lumière tamisée, musique douce. On nous apporte une boisson parfumée au goût de miel. Voilà pour l’ambiance.
On nous lave les pieds dans une bassine d’eau tiède dans laquelle flottent de belles fleurs colorées. Puis nous sommes invités à remplir une espèce de questionnaire médical qui se termine par : « comment aimez-vous vos massages ? Doux, moyen ou fort ». Isa choisit « doux ». Nous pensons à la cuisine : un plat thaï peu épicé est pour nous très épicé. Un plat thaï épicé est immangeable. J’hésite puis coche finalement « moyen ». Pouie, la masseuse, une fille qui mesure 1,50 m pour un poids de sans doute 40 kg vient me chercher pour rejoindre la salle de massage. A ce moment-là, je regrette de ne pas avoir choisi l’option « fort ».
Allongé sur le ventre, le massage commence. Très vite, Pouie monte sur la table et va travailler dans des positions inattendues et avec une force incroyable. Elle utilise ses pouces, ses doigts et la paume de ses mains. Mais elle se sert aussi de ses coudes, ses genoux, ses pieds, ses avant-bras et son menton. Je suis souple comme un roseau et je me demande plusieurs fois si quelque chose ne va pas casser. Durant plus de 2 heures, ça tire, ça presse, ça roule, ça pince, ça tord, ça craque, ça martelle, ça tend, ça détend. Je disais : j’aime bien les messages toniques, en profondeur … Quelle expérience ! Un seul regret : j’aurais dû prendre le forfait 4h30. La cuisine est un art en Thaïlande. Le massage en est un autre. «Relax for a longer life » est le slogan du centre de massage Sheeva Spa.
Après cette dernière spécialité de Chaing Maï, le 30 octobre, nous partons en périple direction Luang-Prabang, dans le nord du Laos. Nous mettrons 4 jours avec des étapes à Chiang-Raï, Houesaï et Pakbeng. 4 jours à emprunter divers véhicules que nous partageons avec des villageois et d’autres voyageurs.
A Chiang-Raï, nous prenons 2 h pour nous balader dans la ville, qui nous paraît très agréable : temple bouddhiste thaï, tour d’horloge, marché de nuit.
Le lendemain, nous prenons un bus local et arrivons à Chiang Khong. Un tampon thaïlandais sur notre passeport, 5 minutes de traversée du fleuve frontière puis à nouveau un tampon pour entrer sur le territoire du Laos. Au passage, on laisse aussi 150 USD. Le fleuve frontière, c’est le célèbre Mékong, LE grand fleuve d’Asie du sud-est.
A Houesaï, c’est l’occasion de rencontrer les premiers laotiens.
Le coucher de soleil a quelque chose de magique. Vue sur le Mékong depuis le Laos. En arrière-plan, c’est la Thaïlande.
Pour aller de Houesai à Luang-Prabang, le plus simple n’est ni l’avion, ni le bus, ni le train. Au Laos, le réseau de communication est pauvre et l’axe majeur, c’est le Mékong. Nous voici donc embarqués à bord d’un « slow boat » qui descend le fleuve. Le trajet de 300 kms va durer environ 16 heures, réparties sur 2 jours.
C’est un bateau tout en longueur, de 50 mètres environ et large de seulement 3 mètres. Toit en dur et ouverture sur les côtés. A l’avant, deux pilotes se relayent au gouvernail. A l’arrière, on trouve le bar puis les toilettes puis la « bagagerie, » puis la « salle des machines » visitable par tous.
Pour les passagers, c’est un peu la disposition d’une cabine d’avion. Ca c’est pour les occidentaux. Pour les locaux, c’est sans doute beaucoup moins cher, mais aussi beaucoup moins confortable : il y a un espace de 20 m2 dans lequel on s’assoit ou on se couche … C’est un peu la promiscuité. Mais pas de roulis, donc pas de malade, c’est déjà ça …
Assez rapidement, c’est-à-dire au bout de 2 heures, le paysage est vraiment superbe. Des montagnes de jungle descendent vers l’eau café au lait du fleuve. Régulièrement, de belles plages de sable clair s’étendent devant des cabanes de pêcheurs … Et en plus, il fait super beau.
Sur cette partie, aucune route ne longe le fleuve. Seulement quelques pistes rejoignent les très rares villages. Ce tronçon de Mékong a vraiment une allure de bout du monde. J’adore. Isa apprécie aussi beaucoup les paysages mais fait remarquer avec beaucoup de justesse que « c’est un peu toujours le même … ».
Parmi les villageois, il y a toutes les générations.
Isa observe notamment deux mamans qui ont embarqué avec leur nourrissons. Voilà quelques remarques qu’elle se fait : ici, les bébés n’ont pas de couches. C’est sûrement trop cher. Donc lorsqu’un bébé fait pipi, on lui quitte son short, lui en remet un qui a séché du dernier pipi : pas de lingettes, pas de liniment, le short n’est pas rincé avant d’être remis… On vous laisse imaginer quand c’est la grosse commission…
Les poussettes, sièges-autos et autres cosy n’existent sans doute pas ici : les enfants sont portés dans un foulard noué en bandoulière toute la journée : ils y prennent le sein, y dorment, y jouent. A se demander si on en fait pas trop dans nos pays…
Lena, Cléo et Mady s’occupent assez bien, en tout cas beaucoup mieux que ce qu’on imaginait. Elles ont l’occasion d’initier les petits laotiens au Uno ou à la Nintendo DS. Succès garanti.
Au bout de quelques heures, les gens se lèvent, changent de place. Beaucoup essaient de dormir. A la mi-journée, on sort les sandwichs et les boulettes de riz gluant. Après deux jours de voyage, on a l’impression de connaître tout le monde : les couples laotiens très discrets, les jeunes américains qui boivent 5 bières lao chacun par jour (70 cl la bouteille quand même !), le papy et son chapeau, les routards qui jouent aux cartes, ceux qui restent le nez dans leur bouquin …
Les enfants jouent beaucoup : dessins, petits soldats, camions de chantier et pour finir avions en papier. Le jeu des avions anime une bonne partie des passagers : « everybody makes a plane ! ».
Le 2 novembre à 17h, nous débarquons enfin à Luang-Prabang. Notre entrée au Laos a été magnifique. Ce trajet en bateau fut une épreuve de patience. Nous avons maintenant cinq jours pour découvrir Luang-Prabang, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Fred.
Devinette : après 6 pays, le Laos est le 1er pays que nous traversons dans lequel on retrouve une « régle de vie» qui est la même qu’en France. De quoi s’agit-il ?