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On a marché sur du sel …

… Mais si on avait marché sur la Lune, on aurait eu peut-être la même sensation … Il faudrait demander à « Isa Armstrong ».

Depuis Tupiza, nous venons de passer quatre jours exceptionnels : des paysages extraordinaires, des gens incroyables, des conditions climatiques pour nous hors du commun. Isa et moi sommes déjà passés dans la région il y a neuf ans, lors d’un voyage inoubliable avec William et Trini. Nous voulions remettre ça avec les enfants en ajoutant tant qu’ à faire un jour de plus. Comment résumer ? Difficile … Tant pis, nous n’allons pas résumer. Vous avez du temps ? C’est parti pour un long article illustré par une trentaine de photos sur les six cents prises durant ces quatre jours.

Le tour du sud-ouest de la Bolivie, ça n’est pas compliqué. Il faut choisir le circuit organisé par les deux agences de Tupiza : les deux propositions sont exactement identiques. C’est une formule tout compris avec transport en 4×4, repas, hébergement sommaire et promenade dans un désert hostile, magnifique et d’une grande variété. Ça va de Tupiza à Uyuni, à travers le Lipez et le Salar. Ça dure quatre jours et trois nuits. Au volant, le chauffeur-guide c’est Willman. A ses côtés Martina s’occupe des repas. A nous cinq, nous formons l’ensemble des passagers.

1er jour : la vie au delà de 4 000 mètres

Tupiza, 8h du matin. Willman et Martina arrivent dans un Toyota Landcruiser. Les pneus ont déjà bien vécu. me semble-t-il. On charge les bagages sur le toit avec la bouteille de gaz, le bidon de carburant, les packs d’eau et … la pompe à pied. Willman enveloppe le tout avec une immense bâche et en avant !

Ca monte vite dès les premiers kilomètres et le décor est déjà étonnant.

La quebrada de Pallala, el « sillar », …

Pour les filles, tout ça c’est des montagnes. La route est sinueuse, en forte pente. Assez vite, nous sommes à une altitude de 4 200 m. Nous observons les enfants du coin de l’oeil. Tout va bien. Un peu plus tard, nous prenons le déjeuner dans la voiture car dehors le vent est trop fort. Pour manger, c’est un peu acrobatique, mais Martina fait des merveilles, en nous servant un plat de crudités, des pommes de terre et une sorte de riz cantonais bolivien. Mais comment fait-elle pour servir chaud ? Toujours pas compris. En dessert, fruits et chuppa chups ! Dans l’après-midi, nous apercevons les premiers animaux des Andes.

Les vigognes, le viscache (un corps de lapin et une queue d’écureuil), des autruches et un rapace capable de soulever une proie de vingt kilos, le condor. C’est la faune à plus de 4 000 mètres.

Tiens, voici les ruines d’un village fondé par les Espagnols, venus exploiter une mine d’or il y a quelques siècles.

Nous arrivons au point de vue de la Laguna Morejon, et nous sommes un peu plus haut que le Mont-Blanc.

Les montagnes qui nous entourent sont toutes plus belles les unes que les autres. Nous n’en avons pas vu beaucoup depuis neuf mois, là nous sommes servis.

Vers 18h, c’est l’arrivée à Quetena Chico, un village d’une trentaine de familles qui vivent de la culture de la quinoa et de l’élevage de lamas. Je joue au foot dans une rue avec deux gamins. Il fait nuit et déjà bien froid. Ca dure dix minutes, pas plus …Trop essouflé, trop froid.

Nous logeons dans une baraque, l’équipement est simple : une chambre qui d’après Lena ressemble à un garage, des sanitaires commun avec un wc et un lavabo, une pièce commune pour manger. Pas de chauffage, pas d’électricité. Quelques enfants viennent nous rendre visite. C’est un très bon moment. Je leur montre un petit livre qui contient des pages de dessins. Ils nomment des objets qu’ils n’ont sans doute jamais vu en vrai. Ces enfants vont à l’école. Comment vivent-ils ici, à 4 200 m d’altitude, dans le froid, sans chauffage, isolés du monde, à plusieurs heures de piste de tout équipement … ? C’est la vie dans l’altiplano des Andes.

Nous passons la nuit plutôt bien avec les vêtements chauds, le sac de couchage et deux couvertures en laine.

2ème jour : vous préférez la verte ou la orange ?

Lever à 7h. La nuit a été froide mais tout le monde a bien dormi. Nous apprécions surtout de ne pas avoir de mal de tête malgré l’altitude. C’est soit grâce  aux jours d’acclimatation à Tupiza, soit grâce aux cachets Punacap.

Nous repartons, direction le sud. Le guide prend soin de nous décrire précisément le parcours avec les points d’intérêts. C’est toujours une succession de montagnes, de lagunes, d’étendues de sable.

Voici le désert de Dali.

Et puis nous arrivons à la Laguna Verde, tout au sud du pays, à la frontière avec le Chili. Derrière la lagune, se dresse le volcan Licancabur. La Laguna Verde doit sa couleur à  une forte concentration en carbonates de plomb, de soufre, d’arsenic.

Regardez la 10ème photo de l’en-tête du blog. C’est là que nous sommes, à 4 400 mètres au-dessus de la mer. Ca souffle beaucoup, il fait vraiment froid. Nous sortons de la voiture juste le temps de prendre quelques photos.

La nature est bien faite. Quelques minutes après la Laguna Verde, nous arrivons aux thermes de Polques où se trouve une source d’eau chaude qui sort à 35°C, idéal pour se réchauffer. C’est un peu aménagé, mais on se retrouve quand même en maillot dehors, dans le vent, avant l’entrée et après la sortie du bain. Bon, je suis le seul volontaire de la famille pour cette petite expérience.

La pause-déjeuner est confortable dans cet endroit qui a bien changé depuis neuf ans. Un bâtiment avec une salle à manger abrite la cinquantaine de touristes qui passe par ici en milieu de journée.

A la fin du repas, une fille nous aborde :

«  Salut, il n’ y a que des français qui voyagent comme ça en famille. Je parie que vous êtes une famille française qui fait un grand voyage !

– Oui en effet.

– J’ai fait un tour du monde avec mon mari et mes trois enfants il y a deux ans. Nous n’étions pas venu en Bolivie à l’époque. Je voulais venir, donc mon mari m’a offert un billet d’avion aller-retour et me voilà ici pour trois semaines de voyage. Notre blog  s’appelle cékankonvaoù.

– Ah oui je connais, il fait partie des quelques blogs que j’ai suivis avant de partir. »

Voilà, une fois de plus, le monde est petit. Merci Stéphanie pour cette rencontre.

L’attraction naturelle suivante, c’est le champ de geysers de Sol de Maňana. A 4 900 mètres, c’est le point culminant du parcours. Ca fume, ça bouillonne, ça sent mauvais …

Après la verte, au tour de la orange. Voici la Laguna Colorada. C’est la présence de micro-algues et de plancton qui donne cette couleur orange à la lagune. C’est l’habitat de nombreux flamands roses. Elle est belle, n’est-ce pas cette lagune ? En vrai, elle l’est encore plus !

Nous arrivons au logement de cette deuxième étape. Toujours très sommaire, pas de chauffage, pas d’électricité. Martina nous sert un super goûter, ça réchauffe. Nous jouons au Uno. Pour tenir les cartes, il y a deux écoles dans la famille : avec ou sans gants. Le souper est servi dans la foulée.

3ème jour : du sable, des pierres et du fer

Lever à 6h. La nuit a été très froide mais tout le monde a bien dormi. Le petit déjeuner dans ce froid est une véritable épreuve. Nous reprenons la route. Le premier arrêt se fait au désert Siloli avec « l’Arbol de Piedra», la formation rocheuse, la plus connue.

Nous passons ensuite une série de lagunes dans lesquelles vivent trois espèces de flamands roses : les flamands des Andes, du Chili et de James.

Dehors, il y a toujours beaucoup de vent. Il soulève le sable et vient fouetter la voiture et son pare-brise avant. Celui-ci a un éclat. Lorsque les bourrasques sont de face, Willman craint qu’il se fissure, hors il n’y a pas de Carglass dans les parages. La technique de prévention de notre chauffeur est imparable. Il fait demi-tour et c’est parti pour une marche arrière qui dure quelques kilomètres. Alors, Cléo et Mady se retournent et s’amusent un instant à faire sembler de conduire le véhicule.

A la Laguna Negra, nous pique-niquons une fois de plus tous les sept dans la voiture. Au menu, il y a du poulet chaud, des pommes de terre et des bananes plantain cuites.

Un peu plus loin, nous traversons encore un paysage inédit, les formations rocheuses de la « Valle de Rocas »

Le parcours est encore long. Chacun son tour, on s ‘assoupit malgré les vibrations liées au mauvais état de la piste.

Et c’est bientôt l’arrivée à Uyuni, qui sera notre troisième étape. L’attraction d’Uyuni, c’est bien sûr le Salar. Mais dans la ville elle-même, il y a une curiosité qui n’est pas banale. C’est le cimetière de trains … De grands jeux tout en fer rouillé, c’est parfait pour divertir les enfants.

C’est la fin de journée dans la ville un peu désolée d’Uyuni.

4ème jour : du sel à perte de vue

Lever à 5h. La nuit n’a pas été trop froide et tout le monde a bien dormi. L’objectif est d’aller voir le lever de soleil dans le Salar de Uyuni. Le Salar en deux mots, c’est le plus grand réservoir de sel au monde, de la taille d’un département français. Une partie de l’année, c’est un lac d’une profondeur de quelques centimètres. Lorsqu’il est asséché, sa surface est d’un blanc aveuglant.

Bien évidemment, les hommes exploitent le sel. Les fabriques y ajoutent de l’iode et le  sodium alors devient propre à la consommation.

Nous n’allons pas très loin dans le salar, seulement dans la partie asséchée. Circuler sur la partie qui retient l’eau semble déplaire aux agences qui organisent les tours, à cause des dégâts provoqués par l’eau salée sur les véhicules. Dommage …

En revanche, nous avons une surprise de taille avec le suivi d’un vol de flamands roses. Nous allons à la même allure. Magique !

Ces quatre jours ont donc été intenses. Nous avons vu une nature spectaculaire, belle et sauvage, et des hommes vivant dans des conditions difficiles. Non sans mal, nous avons nous aussi réussi à supporter le froid et le vent. Par rapport à il y neuf ans, le tour est devenu bien plus touristique. Cela nous a permis de faire de nombreuses rencontres avec d’autres voyageurs, ce que nous apprécions toujours.

Il nous faut maintenant quitter Uyuni, ce qui n’est pas simple compte-tenu des services de transports. On aimerait bien aussi retrouver un peu de confort à base de chauffage et de douches !.

Pour finir, j’ajoute que le Salar a une particularité curieuse. Il a la faculté de grandir ou de rapetisser les humains ou les objets de manière tout à fait étonnante … A vous d’en juger avec ces dernières photos.

Fred

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